Val Cenis et les stations de ski : le paradoxe de l’expansion incessante et de la protection de la Nature.

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Surprise l’autre jour en regardant le plan des pistes de la station de Val-Cenis dans la vallée de la haute Maurienne (Vanoise) :

val-cenis-vanoise
Le plan indique au centre, dans la grande zone sans remontées mécaniques, en plein milieu d’un « espace de protection » à « ski hors-piste interdit », un projet d’agrandissement conséquent du domaine skiable (indiqué en tirets jaunes dans le zoom ci-dessous). Au moins 2 remontées mécaniques dont un télésiège dans une grande combe vierge, traversant une forêt indiquée comme protégée. (cliquez pour voir l’image en pleine taille)

Capture du 2015-03-31 18:13:09Après deux dizaines d’années à renouveler entièrement son parc de remontées mécaniques sans trop s’agrandir, Val Cenis semble depuis quelques années commencer une politique d’expansion. La première étape ayant été de relier le minuscule domaine de la station voisine, Termignon, à l’extrême droite sur la carte, avec le domaine de Val Cenis, en construisant une longue liaison télésiège. Preuve que ces deux domaines sont très (trop) éloignés : les skieurs de Termignon souhaitant redescendre vers le domaine de Val Cenis se voient proposer la descente « express » par télésiège (!) pour éviter une trop longue piste de traversée. (au passage, voir un précédent article sur les seuils de saturation de nos sociétés actuelles et la convivialité : à trop vouloir skier, on ne skie plus). Maintenant que les deux domaines sont réunis, cela ne profite bien-sûr qu’aux skieurs de Termignon, étant donné que son domaine est plus bas, orienté sud, et très petit). On note donc que plus de vacanciers pourront venir skier dans la vallée, tout en minimisant l’aspect de surdéveloppement de la station de Val Cenis, du fait que cette augmentation de traffic ne va toucher que Termignon, qui peinait jusque là à n’être qu’un très joli petit village d’été, et non une grande station à immeubles.

Bref, pour en revenir au projet d’agrandissement dans la combe de Clery (c’est son nom d’après la carte du domaine), on imagine assez facilement la suite. On a l’impression d’assister aux premières étapes d’une stratégie d’encerclement :
– les deux domaines éloignés sont reliés, entre les deux, une belle forêt, dont il faut actuellement « protéger les jeunes arbres » (ça ce n’est pas marqué textuellement, mais étant skieur à Val Cenis depuis mon enfance, c’est ce qu’on peut voir comme panneaux disposés sur le domaine).
– un 1er projet de pistes et remontées dans les hauteurs, dans une combe vierge, mais assez fréquentée l’été.
– quelques pistes dans la forêt du bas pour proposer d’autres retour-station « moins barbants » que l’actuelle traversée.
– une liaison directe avec le col du Mont Cenis, juste de l’autre côté de la crête, depuis la combe.

Rien qu’avec cela, ce seront des dizaines d’hectares artificialisés. De plus, on peut imaginer très facilement le moyen de faire passer auprès de l’opinion publique : une bonne campagne de communication environnementale axée sur la protection de la Nature, en jouant sur la proximité du Parc National de la Vanoise qui est nulle part d’autre que…sur le versant d’en face.

Alors certes, la zone protégée marquée sur le plan des pistes n’est pas officiellement ni légalement une zone protégée. Encore que : il s’agirait de vérifier la législation qui s’applique dans les zones directement limitrophes aux Parcs Nationaux. Elle est notée « protégée », je suppose, presque seulement pour empêcher les skieurs de complètement ravager la végétation des zones hors-pistes, non pas pour protéger le Tétras-lyre et l’edelweiss.

Mais bon, tout va bien puisqu’ils ont signé la Convention des Stations Durables. De quoi nous rassurer, surtout avec ce paragraphe en fin de communiqué de presse :

La Région [Rhône-Alpes ndlr] s’engage avec les « stations durables de moyenne montagne » dans leurs projets de  diversification et/ou de reconversion de leurs activités touristiques. L’intervention régionale vise à les accompagner vers un nouveau modèle économique respectueux des principes de développement durable et moins dépendant du produit neige et de l’offre ski. Les stations sont accompagnées dans la définition d’un véritable projet global de développement, construit en relation avec les territoires voisins, dans une approche «quatre saisons».
Pour ce projet, la Région Rhône-Alpes s’engage à hauteur de 820000€.
RomainB

Le Front National essaie de s’accaparer l’écologie, pour devenir plus écolo que les écolos.

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 EDIT : (et idem pour le PS aussi avec « l’écosocialisme »)

-> Reblog de l’article de Reporterre.net <-

illustration le FN et écologie lol

Excellent article fouillé, à lire sur le site Reporterre.net (cliquez sur l’image), à propos du FN qui désire débuter dans l’écologie. Comme il y est dit, cela ne semble être qu’une énième mascarade populiste, déformant la réalité pour retourner tout vers soi et à son avantage. La meilleure preuve de ceci étant la réponse que cette section écologiste FN a adressée en droit de réponse à Reporterre et recopiée ci-dessous. Elle montre à quel point ils n’ont aucune idée des réelles valeurs écologistes portées par le seul quotidien de l’écologie en France.
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Cas d’école : Coca-Cola repeint sa bouteille avec du vert

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Bienheureux vous êtes si vous avez encore échappé à la dernière campagne de pub de Coca Cola qui lance en janvier 2015 sa nouvelle boisson « Coca Cola Life« . A base de vertes feuilles tout plein et « d’origine naturelle » bien en vue. La majeure innovation étant la nouvelle couleur verte-nature de tous les visuels du produit, bien plus que le passage d’un édulcorant purement chimique à un édulcorant « d’origine naturelle ». Coca Cola Life c’est quoi exactement ?

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Greenpeace a réussi : LEGO ne sera plus le jouet de Shell !

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[reblog de greenpeacefrance]
[voir article précédent]

Nous avons réussi : LEGO ne sera plus le jouet de Shell !

La nouvelle est rendue publique aujourd’hui, et c’est une belle nouvelle pour les centaines de milliers de personnes qui se sont mobilisées ces trois derniers mois : le groupe LEGO vient d’annoncer qu’il ne renouvellerait pas ses partenariats avec la compagnie pétrolière Shell !

lego quitte shell

Les fanatiques des briques et les défenseurs de l’Arctique ne peuvent que se réjouir de cette annonce. Le partenariat, lancé dans les années 1960, prendra fin d’ici 18 mois : les briques LEGO ne seront plus associées à l’image du géant pétrolier et à ses ambitions destructrices.

Cette décision de la marque de jouet est un coup dur porté à Shell : sa stratégie, qui consiste à s’associer à des marques ayant une bonne image pour légitimer ses dangereux projets de forage en Arctique, a désormais du plomb dans l’aile.

LEGOlution réussie : créativité, réactivité et spontanéité !

Pendant trois mois, des mini-figurines LEGO ont protesté dans le monde entier pour mettre fin à ce partenariat absurde.

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Plus d’un million d’emails ont été envoyés à LEGO, depuis 6 continents. 6 millions d’internautes ont vu la vidéo ‘LEGO everythingls is not awesome’. Des activistes ont organisé des actions dans des parcs LEGOland, dans les magasins LEGO, ils ont livré des dizaines de milliers de signatures devant le siège de la marque au Danemark. Des enfants se sont mobilisés devant le siège de LEGO à Londres, des volontaires de Greenpeace ont organisé des activités, dans les rues, dans les stations-service Shell, dans les magasins de jouets, depuis l’Australie jusqu’à Hong-Kong, en passant par l’Europe, jusqu’à New-York, et dans pas moins de 15 villes de France !

LEGO a entendu le message – Merci à toutes et à tous d’avoir participé !

Maintenant que LEGO a quitté Shell, il est temps pour Shell de quitter l’Arctique !

Aujourd’hui, Shell est de plus en plus isolée. Elle est confrontée à une opposition croissante contre ses projets de pillage de l’Arctique, notamment depuis les mésaventures en série qu’elle a connues en Alaska en 2012. Après avoir gaspillé près de six milliards de dollars dans ces projets, les retours sur investissement sont loin d’être au rendez-vous, et le bilan d’image est désastreux pour l’entreprise. C’est pourquoi elle essaie de se racheter une respectabilité en s’entourant de marques appréciées et en sponsorisant musées, expositions, galeries d’art, festivals et autres événements sportifs.

Avec la décision de LEGO, Shell peut commencer à dire adieu à sa couverture…

Pourtant, il y a quelques semaines, Shell annonçait qu’elle envisage de se rendre à nouveau en Arctique en 2015. Pendant que la compagnie pétrolière lorgne sur les réserves de l’Arctique, labanquise continue de fondre et le climat de se détraquer…

Shell ne renoncera pas facilement, nous le savons. Mais nous sommes nous aussi déterminés.

Le mouvement est bel et bien là, et il s’amplifie : LEGO a bougé, nous avons porté vos voix jusqu’aux Nations-Unies en remettant vos signatures à Ban Ki Moon. Ce sont désormais plus de six millions de citoyennes et citoyens du monde qui lancent un appel à sauver l’Arctique.

Autant de signes qui nous encouragent à continuer d’agir : la destruction de l’environnement n’est pas nécessaire au progrès.

L’engagement de LEGO est important parce qu’il envoie un message à tous les industriels : il y a certaines compagnies toxiques avec lesquelles on ne doit pas faire équipe, et surtout, les citoyen-nes refusent de se taire lorsque leur planète et leur avenir sont en jeu. Où que Shell aille, quoiqu’elle fasse, où qu’elle se cache, nous serons là pour démasquer ses vraies intentions, condamner la destruction qu’elle sème et défendre l’Arctique.

Le temps presse. Il est urgent d’agir. Serez-vous à nos côtés ?
Continuez à signer et partager notre pétition pour sauver l’Arctique